Le film « Azhar » sur Netflix, au coeur du scandale !

Après le documentaire Death of a Gentleman, Netflix France propose un nouveau contenu 100 % cricket sur sa platerforme. Cette fois-ci, il s’agit d’un film indien, un drame de 2016, Azhar.

Azhar ? Le nom vous parle ? Les fans de cricket auront reconnu certainement Mohammad Azharuddin, le nom controversé d’une star indienne de cricket des années 90. Le natif d’Hyderabad fut l’un des plus grands joueurs indiens de l’époque au point de devenir le capitaine de la sélection, participant à 99 Test-Matchs, 334 matchs ODI et 229 First Class.

Azharuddin débute sa carrière en Test-Match contre l’Angleterre en 1984 à l’âge de 21 ans et s’impose d’emblée au monde du cricket en frappant un century (100 points ou plus) lors de ses trois premières rencontres à ce niveau. Il en frappera 22 au total durant sa carrière en Test. En 1989, il prend le capitanat de l’équipe nationale, jouant ce rôle pour 47 Test et 174 ODI, menant les indiens à la victoire à 90 reprises dans ce dernier format. Il faudra attendre 2014 pour voir un autre capitaine faire mieux en la personne de la superstar MS Dhoni.

Mohammad Azharuddin était connu pour son style gracieux, notamment par un mouvement fluide de ses poignets

Mais si la carrière d’Azharuddin a abouti à un film, ce n’est pas pour ses brillantes performances sportives mais pour un scandale qui va ébranler l’Inde et le monde du cricket.

En avril 2000, le police de Delhi annonce avoir en sa possession une conversation téléphonique entre le capitaine sud-africain Hansie Cronje et un bookmaker dans le cadre d’une affaire de paris illégaux lors de la tournée indienne des Protéas. Une commission d’enquête est nommée en Afrique du Sud. Hansi Cronje déclare à la commission que c’est Azharuddin qui l’a mis en contact avec des bookmakers. En Inde, le Central Bureau of Investigation était chargé de déterminer si des joueurs indiens étaient impliqués. Fort des déclarations de Cronje, le CBI perquisitionne chez Azharuddin et d’autres joueurs et membres du staff de l’équipe nationale indienne.

Azharuddin confessera au CBI avoir truqué trois rencontres entre 1996 et 1999 dont une contre l’ennemi juré pakistanais. Mais le joueur se rétractera dans la presse, niant avoir reconnu les faits auprès du CBI. Au final, les enquêteurs établissent la responsabilité de plusieurs membres de l’équipe et fin 2000, Azharuddin et son coéquipier Ajay Sharma sont suspendus à vie par le BCCI, la fédération indienne de cricket. Une première !

Azharuddin va alors entamer une longue démarche judiciaire pour faire annuler la décision du BCCI et, en novembre 2012, la Haute Cour de l’Andhra Pradesh annule la suspension à vie d’Azharuddin pour manque de preuves évidentes. Entre-temps, l’ancienne star du cricket s’était reconverti dans la politique en devenant membre du parlement en 2009 pour le compte du Congrès National Indien, le parti de Gandhi et Nehru.

Le film raconte donc cette bataille judiciaire tout en revenant, à grand renfort de flashbacks, sur la carrière d’Azharuddin, son enfance à Hyderabad, ses faits d’arme sur les terrains, ses deux mariages dont le second avec la star bollywoodienne Sangeeta Bijlani et, bien entendu, le scandale.

Faut nous croire mais, sur Netflix, on est tombé par hasard sur ce film ! #jeudemots

Disons-le clairement : le film en déroutera plus d’un. En premier lieu, le film en lui-même nous amène, au gré des scènes, du drame à la comédie en passant par le film sportif, le film d’enquête et de prétoire ou encore la comédie romantique. Un mélange des genres qui peut parfois nous perdre sans être inintéressant. Si ce n’est que les films indiens ont parfois une tendance à forcer le trait sur la partie romance à l’eau de rose à grands coups de clichés, de mièvrerie et de musique (heureusement, pas de danse collective!), bien qu’ici le réalisateur, Tony D’Souza, soit américain !

Autre aspect déroutant mais plus intéressant : l’intrigue. Le film semble prendre fait et cause pour son héros, qui clame son innocence, sans pour autant aborder la question d’une manière manichéenne. On doute. On a envie de croire à l’innocence d’Azhar mais rien ne permet de trancher tant les raisons de croire à sa culpabilité sont également abordées (goût du luxe, rencontre avec un bookmaker, des histoires d’amour compliquées…). Reste que la fin du film va plus ou moins prendre une position qui fera naître une controverse en Inde mais on ne va pas vous spoiler la fin ! En réalité, le mystère demeure…

N’attendez pas d’Azhar un biopic factuel. Cela reste une fiction basée sur des faits réels avec les raccourcis et les partis pris qui vont avec. Mais, sans être au niveau de MS Dhoni, c’est un bon film de sport à condition de survivre aux scènes mièvres de romance. C’est aussi l’occasion d’entre-découvrir le cricket indien et international et de se replonger dans l’un des plus gros scandales du cricket, le tout en VOST si vous ne maîtrisez pas l’hindi. Une occasion rare en France.

Azhar (2016) de Tony D’Souza avec Emraan Hashmi, Nargis Fakhri, Prachi Desai et Lara Dutta.


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